Étranges Lectures c’est un Prix des lecteurs proposé tous les ans par les bibliothèques de Dordogne. De novembre à avril, 5 romans étrangers sont soumis à la lecture et au vote des lecteurs.

Le livre qui remporte le plus de suffrages en mai, fait l’objet d’une des 6 lectures publiques programmées lors de la saison 2021-2022 d’Étranges Lectures.

Les livres de la sélection peuvent être empruntés dans le réseau des bibliothèques de la Communauté de communes Sarlat-Périgord Noir à Sainte-Nathalène, Sarlat et Marquay.

En savoir plus sur le prix Etranges Lectures

Découvrez ci-dessous la sélection 2020/2021

Feel good

Thomas Gunzig // Belgique

Alice est vendeuse dans un magasin de chaussures. Angoissée par la précarité de son existence, elle projette d’enlever l’enfant d’une riche famille pour exiger une rançon. Or les événements ne se déroulent pas comme prévu, et elle se retrouve avec un bébé que personne ne réclame. Tom, écrivain, lui propose de tirer un roman de son histoire et d’en partager les bénéfices.

« Ce qu’on va faire, c’est un braquage. Mais un braquage sans violence, sans arme, sans otage et sans victime. Un braquage tellement adroit que personne ne se rendra compte qu’il y a eu un braquage et si personne ne se rend compte qu’il y a eu un braquage, c’est parce qu’on ne va rien voler. On ne va rien voler, mais on aura quand même pris quelque chose qui ne nous appartenait pas, quelque chose qui va changer notre vie une bonne fois pour toutes. »
Quel est le rapport entre un écrivain sans gloire, le rapt d’enfant et l’économie de la chaussure ?
Vous le saurez en lisant la nouvelle satire sociale de Thomas Gunzig

L’auteur

Thomas Gunzig, né en 1970 à Bruxelles, est l’écrivain belge le plus primé de sa génération et il est traduit dans le monde entier. Nouvelliste exceptionnel, il est lauréat du Prix des Éditeurs pour Le Plus Petit Zoo du monde, du prix Victor Rossel pour son premier roman Mort d’un parfait bilingue, mais également des prix de la RTBF et de la SCAM, du prix spécial du Jury, du prix de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Française de Belgique et enfin du très convoité et prestigieux prix Triennal du Roman pour Manuel de survie à l’usage des incapables. En 2017 il reçoit le prix Filigranes pour son roman La Vie sauvage. Star en Belgique, ses nombreux écrits pour la scène et ses chroniques à la RTBF connaissent un grand succès. Il a publié et exposé ses photos sur Bruxelles, Derniers rêves. Scénariste, il a signé le Tout Nouveau Testament aux deux millions d’entrées dans le monde, récompensé par le Magritte du meilleur scénario et nominé aux Césars et Golden Globes. Sont aussi parus au Diable vauvert, ses romans : 10 000 litres d’horreur pure, Assortiment pour une vie meilleure, Et avec sa queue il frappe.

Jeu blanc

Richard Wagamese // Canada

Saul Indian Horse est un jeune Ojibwé qui a grandi au milieu de la nature canadienne. A la mort de ses parents, alors qu’il a 8 ans, il est placé dans un internat afin de gommer son identité indienne. Il trouve une échappatoire dans le hockey sur glace et devient l’un des meilleurs joueurs du pays. Prix Libr’à nous 2018 (littérature étrangère).

Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, bercée par les légendes et les traditions ojibwés, rythmée par la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des années 1970, même au sein du sport national.
On retrouve dans Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese, son talent de nature writer et sa capacité à retranscrire la singularité et la complexité de l’identité indienne, riche de légendes, mais profondément meurtrie. Le roman a d’ailleurs été récompensé par le Burt Award for First Nations, Métis and Inuit Literature.

L’auteur

Richard Wagamese, né en 1955 en Ontario, est l’un des principaux écrivains indigènes canadiens. En activité depuis 1979, il a exercé comme journaliste et producteur pour la radio et la télévision, et est l’auteur de treize livres publiés en anglais par les principaux éditeurs du Canada anglophone. Wagamese appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario, et est devenu en 1991 le premier indigène canadien à gagner un prix de journalisme national. Depuis lors, il est régulièrement récompensé pour ses travaux journalistiques et littéraires. Il est notamment le lauréat du Prix national de réussite indigène pour les médias et les communications 2012, et du prix 2013 du Conseil canadien des arts.
Parmi ses derniers romans en date, Indian Horse est sorti en février 2012 et a été récompensé par le prix du public lors de la Compétition nationale de lecture du Canada. En 2013, Wagamese a publié Him Standing, paru chez Orca Press. Medicine Walk (traduit en français sous le titre : Les Etoiles s’éteignent à l’aube) est quant à lui sorti chez McClelland & Stewart en avril 2014. Starlight, son ultime roman, paru à titre posthume en 2018, paraît en français aux éditions Zoé en août 2019. 

Richard Wagamese s’est éteint en mars 2017, à l’âge de 61 ans.

« Richard Wagamese est un conteur-né » Louise Erdrich
« Un trésor national » Joseph Boyden

Camarade Papa

Gauz // Côte d’Ivoire

Un roman composé de deux récits parallèles. En 1880, Dabilly, un jeune homme français, quitte son pays pour la Côte d’Ivoire. Il décrit la vie à Grand-Bassam et dans la région. Un siècle plus tard, un jeune garçon d’origine africaine, né à Amsterdam dans une famille communiste, part vivre en Côte d’Ivoire. Il y découvre l’histoire de la colonisation. Prix Virilo 2018.

Une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue.
1880. Un jeune homme, Dabilly, fuit la France et une carrière toute tracée à l’usine pour tenter l’aventure coloniale en Afrique. Dans une « Côte de l’Ivoire » désertée par l’armée française, quelques dirigeants de maisons de commerce négocient avec les tribus pour faire fructifier les échanges et établir de nouveaux comptoirs. Sur les pas de Dabilly, on découvre une terre presque inexplorée, ses légendes, ses pactes et ses rituels…
Un siècle plus tard, à Amsterdam, un gamin d’origine africaine raconte le monde postcolonial avec le vocabulaire de ses parents communistes. Lorsque ceux-ci l’envoient retrouver sa grand-mère et ses racines en Afrique, il croise les traces et les archives de son ancêtre.
Ces deux regards, celui du blanc sur l’Afrique et celui du noir sur l’Europe, offrent une histoire de la colonisation comme on ne l’a jamais lue. Gauz fait vivre des personnages tout en contrastes, à la lumière solaire, dans une fresque ethnologique pétrie de tendresse et d’humour.

L’auteur

Après avoir été diplômé en biochimie, Gauz a réalisé des photos, des documentaires, des émissions culturelles et des articles pour un journal économique satirique en Côte-d’Ivoire. Depuis que le succès de son premier roman, Debout Payé (50 000 exemplaires en grand format), vedette de la rentrée 2014, l’a propulsé sur le devant de la scène, il part de plus en plus souvent se recueillir à Grand-Bassam, première capitale coloniale de la Côte d’Ivoire, où démarre le présent roman.
Son dernier roman Black Manoo, vient de paraître  chez le même éditeur (août 2020).

La Chambre de l’araignée

Mohammed Abdelnabi // Egypte

Un roman qui traite de l’homosexualité sous l’angle de la persécution en s’inspirant du procès, en 2011, de 52 hommes raflés par la police dans une boîte de nuit et condamnés à de lourdes peines de prison pour perversion sexuelle. Se fondant sur le témoignage de Hani, l’auteur dresse un portait de la communauté gay égyptienne, entre affirmation et dénégation. Prix de la littérature arabe 2019.

En mai 2001, dans un bar flottant sur le Nil, le Queen Boat, la police égyptienne arrêta cinquante-deux homosexuels qui seront inculpés d’outrage aux bonnes mœurs et d’hérésie. Hani Mahfouz fut incarcéré le jour même de la rafle alors qu’il se promenait en compagnie de son ami Abdelaziz. Il passa en prison plusieurs mois d’incessantes humiliations et en sortit brisé, physiquement et moralement, et ayant perdu la parole. Reclus dans une petite chambre d’hôtel, où seule une araignée comblait sa solitude, il entreprit de consigner son histoire depuis son enfance, la croisant avec celles de ses compagnons d’infortune durant son arrestation, tous victimes de l’incompréhension de leurs proches et d’un rejet social quasi unanime…

Le grand mérite de La Chambre de l’araignée n’est pas seulement d’explorer en profondeur, et pour la première fois, la condition homosexuelle en Égypte, mais aussi de le faire dans une langue toute en retenue, en évitant les clichés et les anachronismes.

L’auteur

Né en 1977, Muhammad Abdelnabi a fait des études de langue anglaise à l’université d’Al-Azhar, au Caire. Il est traducteur-interprète et anime un atelier d’écriture. Son deuxième roman, La Chambre de l’araignée, a été retenu en 2016 sur la short list de l’International Prize for Arabic Fiction. Muhammad Abdelnabi compte incontestablement parmi les égyptiens les plus brillants de sa génération. 

Où l’on apprend le rôle joué par une épingle à cravate

Juan José Millas // Espagne

Damian Lobo, chômeur de 40 ans, vit seul à Madrid. Il a un ami imaginaire, Sergio O’Kane. A un marché d’antiquités, il vole une épingle à cravate et se cache dans une armoire pour échapper aux vigiles. Le meuble est acheté et livré dans la chambre de Lucia et Federico. Damian reste caché, observe la famille et effectue des tâches ménagères.

Un roman loufoque et inquiétant où s’entremêlent solitude et folie douce.

Damián Lobo, quarante ans, vit à Madrid dans une solitude extrême depuis qu’il a perdu son emploi. Sergio O’Kane, son ami imaginaire, est son seul confident.
Un jour, afin de faire un cadeau à Sergio, Damián vole une épingle à cravate, puis fuit dans les dédales d’un marché d’antiquités et se cache dans une grosse armoire en chêne pour échapper aux vigiles. Avant qu’il puisse en sortir, le meuble est acheté et aussitôt livré dans la chambre de Lucía et Federico, où Damian s’installe en se calfeutrant dans l’armoire. S’il veille à ce que sa présence passe inaperçue, Damián reste néanmoins de longues heures à observer les membres de la famille et s’occupe des tâches ménagères. Très vite, il prend goût à sa nouvelle existence de bon génie utile et bienveillant, mais osera-t-il un jour révéler son existence et sortir de sa cachette ?

« Une fable morale et politique, irradiée d’humour. »
El País

L’auteur

Juan José Millás est un écrivain et journaliste espagnol récompensé par plusieurs prix dont le prix Nadal en 1990 pour La Solitude, c’était cela (Robert Laffont, 1993). Son œuvre est traduite dans plus de vingt langues. En France, il a été publié par Robert Laffont et Galaade.
Où l’on apprend le rôle joué par une épingle à cravate a été un immense succès populaire en Espagne.